Fermeture définitive du CPE Abinodjic-Miguam
Le Centre de la petite enfance Abinodjic-Miguam comptait 80 places. (Photo : Unsplash) Après une fermeture temporaire annoncée le 23 juin dernier, le Centre de la petite enfance (CPE) Abinodjic-Miguam, à Val-d’Or ferme définitivement ses portes.
La décision de cessation d’activité a été prise par le conseil d’administration lors d’une séance extraordinaire qui a eu lieu le 13 juillet, selon la CSN. Le Syndicat des travailleurs et travailleuses du CPE Abinodjic-Miguam — CSN, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) et le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec ont été informés le 15 juillet.
Un document de question-réponse, que nous avons pu consulter, a été distribué aux parents et au personnel afin de répondre aux interrogations soulevées par la fermeture. Celui-ci explique plusieurs facteurs qui ont poussé le conseil d’administration à cette décision : les difficultés financières importantes qui ne permettaient plus de respecter les normes [de santé] de sécurité et de qualité, une pénurie de personnel formé et les défis rencontrés pour maintenir les installations conformes.
« Ça fait un an et demi que c’est difficile au CPE. Il y a eu beaucoup de démissions d’éducatrices ; c’est 116 années d’expérience qu’on a perdues avec nos éducatrices formées qui ont démissionné. Il restait quatre éducatrices formées sur 14, c’est sûr que ça faisait en sorte qu’on ne respectait pas la norme du ministère, explique Arianne Trottier, éducatrice et présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CPE Abinodjic-Miguam — CSN. On était dans une relocalisation temporaire dans le presbytère de l’église Saint-Sauveur. Les locaux respectaient zéro les lois du ministère. Ça faisait en sorte que la santé et sécurité des enfants était vraiment compromise ».
La fermeture définitive entraîne la perte de 19 emplois et 80 places en garderie, dont 75, étaient occupées. Le ministère de la Famille a indiqué par courriel que le conseil d’administration du CPE confirme la remise des 80 places au ministère.
À l’heure actuelle, le personnel demeure dans l’incertitude quant aux paies puisqu’un syndic de faillite a été mandaté pour procéder à l’analyse des finances de l’organisation.
« Les [éducatrices] étaient supposé recevoir une paie jeudi prochain, incluant les vacances, les heures cumulées, les maladies, etc., que le CPE leur doit. On les a avisées que jeudi prochain elles n’auront pas de paie, mais le syndicat et le CA, on travaille fort pour réussir à leur fournir une paie », déplore l’éducatrice.
Un Avis de licenciement collectif donné par l’employeur au ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale est affiché à l’entrée des locaux du CPE.
« On est le premier CPE au Québec à fermer pour faillite, c’est du jamais vu », conclut Arianne Trottier.