Une fausse académie de Tai-chi à Val-d’Or
Arsenal Media a pu s’entretenir avec des citoyens de Val-d’Or, victimes de la fraude. (Photo : Unsplash) Urgence d’inscription, des locaux vides et des professeurs méconnus. Des retraités de Val-d’Or ont perdu plus d’une centaine de dollars en s’inscrivant à une nouvelle académie de tai-chi… qui n’existe pas.
Le début des cours était prévu pour le 15 septembre, mais les participantes se sont cognées à une porte barrée.
« On s’est présenté là, j’étais avec mon amie et on a vu le papier comme quoi il n’y avait pas d’école de tai-chi, et on voyait d’autres femmes arriver », raconte Francyne Plante.

Les victimes ont toutes été séduites par la même publicité faite via Facebook qui laissait croire l’arrivée d’une nouvelle école de tai-chi à Val-d’Or.
Louise Beaupré a vu la publicité et est entrée en contact avec l’académie, mais n’a pas déboursé pour un cours puisqu’il « y avait des affaires trop louches ». Le mode de paiement uniquement par virement Interac, la philosophie et le portrait inconnu des professeurs l’ont mise sur ses gardes.
« Ils m’ont écrit des noms de professeurs qui donneraient les cours, deux de Rouyn-Noranda et deux de Val-d’Or, mais je n’étais pas capable de trouver quoi que ce soit sur le web avec leurs noms », indique-t-elle.

Des doutes avant le début des cours
Vers la mi-août, quelques personnes inscrites ont tenté de communiquer avec l’école de tai-chi soit pour des questions ou des informations supplémentaires qui sont restées sans réponse.
« Dès la mi-août, je commençais à avoir des doutes. J’avais oublié l’adresse alors j’ai appelé au numéro [de l’académie] puis il est plus en service. Puis là, je me dis “ben voyons”, j’essaie de voir sur Facebook, plus rien. Mon chum vérifie l’adresse courriel, pouf elle est morte. Il n’y a plus rien qui fonctionnait », déplore Christiane Bilodeau
Remboursement impossible
Selon une de nos sources, le recouvrement des fonds devient un défi « à cause de la vocation et du sociofinancement » de l’entreprise.

Christiane Bilodeau affirme ne jamais avoir vu cette information sur le site web.
« Le participant reconnaît expressément que sa contribution sert au financement du démarrage et du développement de l’Académie Boréale de Tai Chi et accepte qu’aucun remboursement, total ou partiel, ne puisse être réclamé en raison de cette affectation immédiate des fonds », pouvait-on lire sur le site web.
La Sûreté du Québec nous a mentionné ne pas pouvoir commenter la situation, ni confirmer, ni infirmer le dépôt de plaintes et l’existence d’une enquête.
Nos tentatives de contact avec l’Académie Boréale sont demeurées vaines. L’adresse courriel Proton et le numéro de téléphone ne sont plus actifs, de même que les pages Facebook et Instagram.
Une source nous a fourni un numéro de téléphone pour joindre Liu Huan, propriétaire de l’académie. Nous sommes entrés en contact, mais celui-ci affirme ne pas connaître l’Académie Boréale.
L’Académie Boréale n’apparait pas au Registre des entreprises du Québec.