La région réclame une plus grande reconnaissance de sa contribution

Carolane Beauregard | 3 septembre 2026 | 08:54
Photo : Gilles Chapadeau , Maire de Rouyn-Noranda | Facebook

En ce début de campagne électorale, la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue (CPAT) lance la Déclaration de l’Abitibi-Témiscamingue, cosignée par plusieurs organismes et municipalités. Elle demande une plus grande autonomie pour la région et une redistribution plus équitable des investissements publics.

La Déclaration de l’Abitibi-Témiscamingue, appuyée par 58 municipalités et 19 partenaires, dont plusieurs organisations régionales, des syndicats et les chambres de commerce, s’inscrit dans la continuité de l’étude commandée par la CPAT, réalisée par la firme Aviseo en 2025.

L’étude illustre un déséquilibre fiscal qui se situe entre 666 M$ et 822 M$ chaque année entre ce que la région contribue à l’économie et ce qui lui revient en investissement et services publics.

« Nous ne demandons pas la charité : nous demandons l’équité. L’Abitibi-Témiscamingue contribue depuis plus d’un siècle à la prospérité du Québec, notamment grâce à ses ressources naturelles. Pourtant, notre région doit encore se battre pour obtenir des infrastructures adéquates, maintenir ses services essentiels et rendre admissibles des projets structurants pour ses communautés. Cette déclaration traduit une volonté régionale claire de changer les choses et d’obtenir les moyens d’agir pour notre propre développement », affirme Gilles Chapadeau, président de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue et maire de la Ville de Rouyn-Noranda.

La Conférence de préfets souhaite s’attaquer à cet écart en s’appuyant sur trois axes.

« Il est déplorable que la région contribue de façon disproportionnée à la richesse collective du Québec sans un retour proportionnel en investissements publics. Ce constat appuie la légitimité de demandes futures de financement pérenne pour la transition écologique, la protection des milieux naturels et l’adaptation aux changements climatiques en région », affirme Bianca Bédard, directrice générale du CREAT.

Par la Déclaration, la région demande au prochain gouvernement de reconnaître le caractère particulier de l’Abitibi-Témiscamingue par une redistribution plus équitable des investissements publics, d’adapter les programmes gouvernementaux, les normes de financement et les critères d’admissibilité aux réalités territoriales et économiques de la région et d’accorder une plus grande autonomie et des leviers de gouvernance permettant à la région d’agir sur son développement et de mieux défendre ses intérêts à Québec.

L’approche mur-à-mur préconisée par le gouvernement désavantage une région peu densément peuplée et structurée autour de plusieurs rôles, rappelle la Déclaration.

La CPAT dévoilera ses cinq priorités liées au milieu municipal et au développement régional le 8 septembre.