La suspension de la taxe d’accise fédérale sur l’essence sera prolongée

La Presse Canadienne | 2 septembre 2026 | 15:26
Une personne fait le plein d'essence à Montréal, le jeudi 2 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi

Le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, a annoncé mercredi que la suspension temporaire de la taxe d’accise fédérale sur l’essence sera prolongée.

«On est là pour vous», a-t-il déclaré au cours d’un point de presse à Ottawa.

La prolongation de la mesure visant à aider les Canadiens à faire face au coût de la vie durera jusqu’au 31 janvier 2027, a précisé le ministre.

La taxe sera ensuite rétablie, mais, dans un premier temps, à la moitié de son taux, et ce, jusqu’au 31 mars 2027.

M. Champagne a fait valoir que la suspension, qui demeure temporaire, était «ciblée» et répondait à la demande des Canadiens qu’Ottawa gère bien les fonds publics.

«D’une part, c’est d’être là avec de l’empathie, d’être là avec les gens, mais en même temps d’être fiscalement responsable dans une période comme celle-là», a-t-il dit.

Questionné à savoir si la suspension de la taxe d’accise avait réellement un effet pour les contribuables, le ministre a répondu avoir «vu que c’était une mesure directe qui avait eu un impact direct sur le prix».

«Parce qu’évidemment il y a cette question de la volatilité du prix mondial pour lequel on n’a pas de contrôle, a-t-il ajouté. Et deuxièmement on s’attend à ce que le Bureau de la concurrence fasse son travail et (que, sur la question des marges) des raffineurs, par exemple, faire le travail qui doit être fait pour s’assurer que le marché reflète effectivement les mesures qu’on prend aujourd’hui.»

Le gouvernement fédéral avait temporairement suspendu la taxe d’accise de dix cents le litre sur l’essence en avril, lorsque la guerre en Iran avait provoqué une flambée des prix mondiaux du carburant.

Les prix de l’essence remontent à mesure que le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’intensifie et que le détroit d’Ormuz reste un point d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement.

Le gouvernement fédéral avait initialement suspendu la taxe d’accise sur les carburants le 14 avril. Statistique Canada avait indiqué que le prix moyen national du litre d’essence s’élevait ce mois-là à environ 1,79 $.

L’Association canadienne de l’automobile, mieux connue sous le nom de CAA, indique que le prix moyen national de l’essence s’élevait à 1,729 $ le litre le 2 septembre. La taxe d’accise sur les carburants ferait passer ce prix à 1,829 $ le litre.

Cela ajouterait 5 $ au coût du plein d’un réservoir de 50 litres.

Dans les stations-service de la région de Montréal, le prix du litre d’essence ordinaire se situe actuellement au-dessus de 2 $.

Le premier ministre Mark Carney avait déclaré aux journalistes en avril que le gouvernement s’attendait à ce que la suspension de la taxe sur l’essence pendant quatre mois coûte environ 2,4 milliards $.

Les conservateurs réclament une prolongation de la suspension de la taxe sur l’essence jusqu’à la fin de l’année, ainsi qu’un allègement supplémentaire de la TPS, ce qui, selon eux, ferait baisser le prix de l’essence de 25 cents par litre.

Le chef conservateur, Pierre Poilievre, a publié mercredi un communiqué indiquant que son parti avait «remporté une nouvelle victoire pour les familles canadiennes».

Il a ajouté que les conservateurs souhaitent désormais que le gouvernement supprime toutes les taxes fédérales sur les carburants, y compris la réglementation sur les carburants propres, jusqu’à la fête du Canada de 2027, et qu’il annule définitivement le prix du carbone pour l’industrie.

«Les Canadiens ont besoin d’un vrai répit qui va faire baisser les prix à la pompe, et non d’une autre demi-mesure libérale. Les conservateurs sont fiers d’avoir fait pression pour un congé de taxe prolongé, mais nous n’arrêterons jamais de nous battre pour un Canada plus abordable», a soutenu M. Poilievre.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, s’est félicité de cette prolongation dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux et a appelé à ce qu’elle devienne «permanente».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Avi Lewis, a réclamé mercredi une «taxe sur les bénéfices exceptionnels» pour les entreprises du secteur de l’énergie, arguant que les consommateurs canadiens «se font arnaquer à la pompe».

«Une nouvelle subvention coûteuse aux compagnies pétrolières et gazières n’est pas la solution, a écrit M. Lewis dans un communiqué de presse. Même après le don de 2,4 milliards $ du gouvernement Carney, les prix de l’essence continuent de grimper en flèche.

«Au lieu de nouvelles subventions aux entreprises, il est temps d’instaurer une taxe exceptionnelle sur les géants pétroliers qui devraient engranger 100 milliards $ de profits cette année grâce à la guerre illégale menée par Trump en Iran. Cette mesure générerait des milliards de dollars de recettes supplémentaires que nous pourrions utiliser pour soulager concrètement les Canadiens et Canadiennes à la pompe et à l’épicerie.»