RYAM : « C’est un coup dur pour le milieu de l’emploi à Témiscaming »

Carolane Beauregard | 27 août 2026 | 15:04
Le syndicat d’Unifor organise une manifestation pour la protection des emplois vendredi à 12 h. le rassemblement aura lieu sur la Colline du Parlement à Ottawa. (Photo : RYAM | Facebook)

L’usine Rayonier Advanced Materials (RYAM) a annoncé la fermeture temporaire de l’usine à Témiscaming en raison de la nouvelle vague de tarifs douaniers de 50 % imposée par les États-Unis. Environ 400 travailleurs seront mis à pied à partir du 15 septembre, date prévue de la fermeture.

L’entreprise de pâtes et papiers avait l’incertitude de fermeture qui planait depuis l’annonce de nouveaux tarifs.

« L’usine pour fonctionner a besoin de fibres donc ça entretien des travailleurs forestiers qui font la récolte, ça entretien des scieries qui vont fournir les sous-produits pour fabriquer le carton. C’est toute cette chaîne qui est affectée à partir du moment où l’usine arrête… il faut réfléchir aux conséquences sur les autres milieux de travail », explique le directeur québécois du syndicat Unifor, Daniel Cloutier.

Le directeur québécois déplore que RYAM ne démontre pas un très grand intérêt envers la survie et la pérennité de l’usine au Témiscaming.

« Lorsque Ryam a acheté l’usine, ils ont pris les recettes de produit à haute valeur ajoutée en cellulose et les ont transférés vers d’autres usines et se sont mis à approvisionner les clients qui étaient servis par l’usine de Témiscaming par le biais d’autres usines. Ça a coupé beaucoup de revenu et de sources de profit pour l’usine. Lorsqu’ils ont pris cette décision, ils savaient qu’ils mettaient l’usine de Témiscaming en difficulté et depuis ce temps-là, l’usine est à vendre », regrette Daniel Cloutier.

En 2024, la fermeture de la chaîne de production de cellulose de haute pureté a entraîné la perte de 275 emplois.

« De son côté, la Ville poursuit le travail déjà amorcé. Dès les premières discussions entourant la possibilité de nouveaux tarifs, nous avons pris position et entrepris des démarches auprès des différents paliers de gouvernement afin de défendre les intérêts de notre communauté et de rappeler l’importance de notre industrie. Ce travail se poursuit aujourd’hui avec nos partenaires », mentionne le maire de Témiscaming, Alain Gauthier.

En contexte de guerre tarifaire, l’entreprise n’écarte pas la possibilité de revoir sa décision, mais ne semble pas démontrer un grand intérêt envers une continuité des activités ni une potentielle réouverture, selon Daniel Cloutier.

« Depuis le début de l’année, il y a déjà 23 000 emplois dans le secteur de la fabrication et dans le secteur manufacturier qui ont été abolis. Beaucoup [de ces coupures] sont reliés à la guerre tarifaire », ajoute le directeur québécois.

En cette première journée de campagne électorale, le syndicat demande au futur gouvernement et à tous les partis politiques de s’engager à protéger et à remettre le monde manufacturier « sur les rails ». Il souhaite entendre les partis politiques se prononcer sur l’économie québécoise et le marché manufacturier.

« Il faut absolument qu’on protège nos industries et qu’on trouve des façons de les faire expandre », conclut Daniel Cloutier.