Paul St-Pierre Plamondon prévoit un référendum après Trump, en 2029 ou 2030

La Presse Canadienne | 18 août 2026 | 08:05
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s'exprime lors d'une conférence de presse au congrès du parti à Saint-Hyacinthe, le vendredi 23 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi

S’il remporte l’élection, le Parti québécois (PQ) attendra le départ de Donald Trump en 2029 pour tenir un référendum sur l’indépendance du Québec, a déclaré mardi son chef, Paul St-Pierre Plamondon, dans un long message publié sur les réseaux sociaux.

Il a indiqué vouloir «clarifier» deux choses à l’aube du déclenchement des élections provinciales: il tiendra bel et bien un référendum dans un premier mandat, mais cette consultation populaire n’aura pas lieu «tant que Donald Trump sera président des États-Unis». 

Bien qu’il eut déjà abordé le sujet par le passé, M. St-Pierre Plamondon ne s’était jamais prononcé formellement sur le moment précis de la tenue d’un référendum. 

Mardi, il a fait valoir «qu’un enjeu aussi crucial que celui de l’avenir politique du Québec exige des conditions qui permettent un débat éclairé et serein».

«Il ne doit pas être confisqué par les soubresauts de la politique américaine, ni par les coups d’éclat d’un président imprévisible, ni par des campagnes de peur», a-t-il écrit. 

«Formellement, cela signifie donc qu’un gouvernement du PQ ne tiendra pas de référendum avant le 20 janvier 2029, date de la fin du mandat de Trump à la Maison-Blanche», précise-t-il.

Avec cette prise de position, le chef péquiste croit «désamorcer complètement» l’argument de ses adversaires selon lequel ce serait le pire moment d’élire au pouvoir un gouvernement séparatiste en raison de Trump.

Il dit souhaiter mener une campagne sur des «propositions pour aider les Québécois», plutôt que sur des «arguments de peur redondants et stériles». Son parti promet de s’attaquer à la hausse du coût de la vie, à la crise du logement et à l’itinérance, notamment.

«Dans tous les cas, il demeure que, dans l’état actuel du Québec, un gouvernement appelé à ramasser les pots cassés de la Coalition avenir Québec (CAQ) aura amplement de défis et de tâches à accomplir dès le début de son mandat.

«Le vote doit d’abord porter sur cette question fondamentale: à qui pouvons-nous faire confiance pour remettre le Québec sur la bonne voie», a-t-il soutenu, mardi.

Aveu de faiblesse

Paul St-Pierre Plamondon reconnaît finalement qu’un référendum ajouterait à l’incertitude, a réagi mardi la première ministre et cheffe de la CAQ, Christine Fréchette.

«C’est une reconnaissance de l’échec, en fait, et c’est une contradiction par rapport à ce qu’il tient comme discours, parce que systématiquement, il nous dit que ça va bien aller.

«Or, là, il reconnaît aujourd’hui que ça crée de l’incertitude. Il y en a déjà énormément, on n’a certainement pas besoin d’en rajouter et un référendum à la fin du premier mandat prolongerait l’incertitude sur quatre années», a-t-elle affirmé lors d’un point de presse à Montréal.

«Ça, à la veille des plus hauts tarifs auxquels on est exposés, c’est irresponsable. (…) On a besoin de plus de stabilité et de prévisibilité», a-t-elle renchéri.

L’annonce de M. St-Pierre Plamondon «montre la faiblesse de l’option souverainiste», selon le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard. 

«On vient dire: on est dans une situation économique difficile, donc ce n’est pas le moment, on va attendre. Écoutez, les situations économiques difficiles, elles sont légions partout dans le monde, (…) ça n’arrête jamais.

«Donc, à partir du moment où on dit: on rend notre option tributaire de la situation internationale, bien, c’est un aveu de faiblesse», a-t-il déclaré sur les ondes de RDI.

«Nous, on ne met pas de conditions à l’indépendance, a martelé pour sa part la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, en point de presse à Québec. On ne sait pas qui va venir après Trump. Notre projet de faire du Québec un pays ne peut pas dépendre des aléas du monde entier.»

De son côté, le chef conservateur Éric Duhaime a accusé Paul St-Pierre Plamondon d’être une «girouette référendiste». «Si un autre gouvernement protectionniste prend le pouvoir à Washington, que fera-t-il? Repousser encore son projet?» a-t-il demandé sur X.

Selon les plus récents sondages, le PQ serait toujours en avance sur ses adversaires et pourrait former un gouvernement majoritaire ou minoritaire, et ce, malgré le fait que l’appui à son projet référendaire stagne depuis des années autour de 30 %.

Les Québécois seront appelés aux urnes le 5 octobre prochain.