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La scierie de Béarn mettra fin à ses activités le 10 juillet
Photo Depositphotos Après plusieurs décennies d’activités en Abitibi-Témiscamingue, la scierie de Béarn, située dans la municipalité de Béarn, cessera définitivement ses opérations le 10 juillet prochain.
Propriétaire des installations depuis 2023, Chantiers Chibougamau évoque des déficits d’exploitation récurrents enregistrés depuis plusieurs mois pour expliquer cette décision. L’arrêt des activités touchera la majorité des 68 travailleurs actuellement en poste à l’usine.
L’entreprise prévoit toutefois proposer, au cours des prochains jours, certains postes au sein des autres installations du groupe.
« Cette semaine, nous vérifions à qui nous pouvons offrir du travail ailleurs dans nos autres usines », indique Frédéric Verreault, vice-président aux affaires corporatives chez Chantiers Chibougamau.
Opérations plus stables ailleurs dans le groupe
Selon le dirigeant, le contexte économique demeure difficile pour l’ensemble de l’industrie forestière, particulièrement dans le secteur du sciage.
« Dans toute l’industrie du bois, nous ne profitons pas d’un contexte favorable actuellement. Plusieurs facteurs exercent une pression simultanée sur les coûts et sur les marchés. Malgré cela, nos autres opérations demeurent relativement stabilisées », mentionne-t-il.
À La Sarre, l’entreprise rapporte avoir vécu un léger ralentissement de la production. Du côté de Matagami, les activités ont repris en 2025 après l’acquisition de l’usine et la direction affirme vouloir augmenter graduellement la capacité de production.
À Landrienne, les installations fonctionnent actuellement à plein régime. Même constat à Lebel-sur-Quévillon, où les équipes travaillent à effectif complet avec une production soutenue.
À Chibougamau, l’entreprise indique avoir ajusté certaines stratégies de production au cours des derniers mois afin de s’adapter au ralentissement économique sans procéder à des mises à pied.
Une usine confrontée à plusieurs contraintes
Selon Frédéric Verreault, plusieurs éléments compliquaient la rentabilité de l’usine de Béarn depuis son acquisition.
Du côté de la scierie de Béarn, le fait de se trouver, géographiquement éloignée, des autres usines du groupe et le type de bois mixte différent au sud des autres installations compliquent les choses.
Le dirigeant soutient aussi que l’usine accusait déjà un important retard technologique lors de son acquisition en 2023.
« Lorsque nous avons acquis cette scierie, elle souffrait déjà d’un sous-investissement important et d’un retard technologique majeur. Les coûts de production dépassaient largement les moyennes observées dans l’industrie », explique-t-il.
La pression exercée par les prix du marché, jumelée à des coûts d’exploitation élevés et à la nécessité d’importantes mises à niveau technologiques, aurait accentué les pertes financières enregistrées chaque mois.
« Nous sommes arrivés à un point où il devenait impossible de poursuivre avec le même modèle d’exploitation. C’est le constat auquel nous sommes arrivés en 2025 et qui nous a amenés à annoncer cette fermeture à nos employés », ajoute-t-il.
Aucun démantèlement prévu
La direction précise qu’aucun démantèlement des installations ni retrait d’équipements ne figurent actuellement dans les plans de l’entreprise.
Les dirigeants assurent également qu’aucun transfert de garantie d’approvisionnement vers une autre usine du groupe ne fait partie des scénarios envisagés.
« Nous n’avons pas officiellement mis l’usine en vente. Le message que nous voulons transmettre demeure toutefois clair : si des promoteurs ou des entrepreneurs souhaitent prendre la relève, nous allons collaborer afin de faciliter une éventuelle transition vers de nouveaux propriétaires », affirme Frédéric Verreault.
Selon lui, cette possibilité pourrait permettre l’ouverture d’un nouveau chapitre pour les installations de Béarn.
Aucun effet anticipé à Chibougamau
La fermeture annoncée de la scierie de Béarn ne devrait entraîner aucun impact direct sur les opérations de Chibougamau.
« Nous ne mesurons actuellement aucun effet potentiel sur la nature du travail des équipes de Chibougamau », conclut-il.
Du côté syndical, des démarches auprès de différents élus et intervenants régionaux se poursuivent afin d’évaluer les possibilités permettant d’éviter la fermeture de l’usine.