Sondage Léger: 72 % des Québécois appuient une loi sur la qualité de l’air

La Presse Canadienne | 24 septembre 2026 | 11:37
La fonderie Horne, propriété de Glencore, à Rouyn-Noranda, photographiée le 29 octobre 2022. LA PRESSE CANADIENNE/Stéphane Blais

Une majorité de Québécois se disent préoccupés par la qualité de l’air et appuient l’adoption d’une loi qui établirait une stratégie québécoise sur la qualité de l’air, selon un sondage d’opinion mené par la firme Léger pour le compte de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME).

Le coup de sonde réalisé pendant le mois de septembre montre que 84 % des Québécois sont d’avis que le gouvernement du Québec a la responsabilité d’agir pour protéger et améliorer la qualité de l’air.

La réduction des émissions provenant des activités industrielles devrait être une priorité du prochain gouvernement pour améliorer la qualité de l’air, selon 50 % des répondants.

En revanche, seuls 24 % des participants au sondage croient que la réduction de la pollution liée au transport devrait être une priorité.

Ce résultat étonne la docteure Claudel Pétrin-Desrosiers, qui est d’avis que les Québécois sous-estiment «beaucoup l’impact de la pollution des transports sur la santé».

C’est la preuve «qu’on doit continuer de faire de l’éducation et de la sensibilisation», a ajouté celle qui préside l’Association québécoise des médecins pour l’environnement.

Protéger la santé avant l’économie

Les résultats du sondage révèlent que 69 % des Québécois jugent que la protection de la qualité de l’air et de la santé est plus importante que les retombées économiques et le maintien des emplois lorsqu’il s’agit d’évaluer un projet industriel.

Plus de la moitié, 53 %, estiment probable que des investissements qui visent à diminuer la pollution de l’air permettent de réduire, à moyen ou à long terme, les coûts du système de santé. 

Une majorité claire de répondants, 72 %, appuient l’adoption d’une loi établissant une stratégie québécoise sur la qualité de l’air.

En février 2025, le Parti québécois avait déposé un projet de loi pour mieux protéger la population contre la pollution atmosphérique.

Ce projet de loi recommande notamment d’augmenter et de moderniser le réseau de capteurs de qualité de l’air dans la province, ou encore d’intégrer des coûts sanitaires dans l’évaluation des projets polluants.

Dans un communiqué, l’AQME souligne que les résultats du sondage «renforcent la pertinence que ce projet de loi soit rappelé par le prochain gouvernement», quel que soit le parti qui gagnera les élections le 5 octobre.

«On a des normes qui ne respectent pas la science. On accorde encore beaucoup trop d’intérêt à de grandes entreprises polluantes et on est prêt à contourner certaines règles pour leur faire plaisir, alors je pense qu’on a besoin d’un cadre légal qui nous oblige à avoir des objectifs concrets» pour «prioriser la santé des gens», a commenté Claudel Pétrin-Desrosiers.

Un enjeu peu mentionné dans la campagne électorale

Toujours selon la docteure Pétrin-Desrosiers, le sondage montre que les Québécois sont préoccupés «par des enjeux qui sont trop peu mentionnés actuellement dans la campagne électorale» et que si «les candidats mettaient plus de l’avant leur engagement en matière d’environnement», ils auraient une écoute des électeurs «plus grande que ce qu’on pense».

Selon les données de Santé Canada, au Québec, la pollution de l’air est associée à 4000 décès prématurés par année et à des coûts sanitaires annuels évalués à 30 milliards $.

En 2008, l’Organisation mondiale de la santé estimait qu’un décès sur huit, dans le monde, était dû à la pollution atmosphérique.

Le sondage de Léger Marketing a été réalisé auprès de 1047 répondants du Québec, âgés de 18 ans et plus. Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien, un organisme sectoriel qui fait la promotion des normes en matière de sondages, précise qu’il n’est pas possible d’attribuer une marge d’erreur aux sondages en ligne, car ceux-ci ne reposent pas sur un échantillonnage aléatoire de la population.