Vers une meilleure rétention du personnel en santé?
« Dans les dernières années, on remarque que [la vision du gouvernement] va davantage vers un démantèlement [du réseau] parce que c’est ce qu’ils souhaitent », déplore Kevin Newbury. Photo: Unsplash Dans le cadre de sa campagne, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) appelle à donner aux régions les moyens d’attirer et de retenir leur personnel.
Pour améliorer l’accès aux soins et aux services de manière durable dans les régions éloignées, l’APTS propose de construire des logements temporaires réservés au personnel de la santé et des services sociaux afin de faciliter l’installation du nouveau personnel ; de développer des CPE intégrés aux établissements de santé pour soutenir les familles qui choisissent de s’établir en région ; et de bonifier les primes d’éloignements et d’isolement afin de mieux reconnaître les coûts supplémentaires associés à la vie en région.
Les membres de l’APTS sont actuellement sur le terrain en campagne de sensibilisation. Ils vont à la rencontre de la population afin d’expliquer la vision qu’ils ont du réseau de la santé et des services sociaux.
« Il va falloir que [le gouvernement] investisse dans les disparités régionales parce qu’on le voit dans plusieurs titres d’emploi ; que ce soit en nutrition, en imagerie médicale ou en réadaptation, par exemple et aussi dans nos laboratoires. Selon nos données, on a un manque à gagner, entre 23 % allant jusqu’à 80 % de la main-d’œuvre dans certains secteurs », note le représentant national de la Côte-Nord, Kevin Newbury.
Dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et de l’Abitibi-Témiscamingue, le marché locatif demeure particulièrement tendu et les services de garde sont insuffisants. À elles seules, ces quatre régions concentrent 25 % du déficit de places en services de garde, alors qu’elles ne représentent que 12,4 % de la population des régions touchées par cette pénurie. De plus, l’absence de transport collectif efficace augmente les coûts liés aux déplacements et la dépendance à la main-d’œuvre indépendante y demeure plus importante qu’ailleurs au Québec, selon l’APTS.
De plus, le phénomène de centralisation des expertises dans certains centres hospitaliers situés notamment à Montréal ou Québec crée une perte d’expertise qui inquiète l’APTS.
« On appelle également nos membres à bien s’informer à l’aube des élections afin qu’ils fassent un choix éclairé pour un parti ou un candidat qui va venir supporter le réseau de la santé et des services sociaux », conclu le représentant national.
La campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai ?, propose chaque mois une idée ou une solution en lien avec une revendication de l’APTS. Ces propositions visent à soutenir le réseau de la santé et des services sociaux.