Québec retarde la publication des nouvelles cartes des zones à risque d’inondation

La Presse Canadienne | 30 juillet 2026 | 13:50
Des commerces sont inondés le long de la route 173 à Beauceville, au Québec, le lundi 17 mars 2025. (LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot)

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) reproche au ministère de l’Environnement de ne pas permettre la publication de nouvelles cartes de zones inondables le 1er août, comme il était prévu.

Depuis plusieurs années, la CMM travaille à moderniser les cartes de zones inondables sur son territoire, selon le nouveau cadre réglementaire établi par Québec.

Le premier lot de cartes qui couvre les secteurs aux abords de la rivière des Mille Îles, de la rivière des Prairies, du lac des Deux Montagnes, du lac Saint-Louis, du fleuve Saint-Laurent, de la rivière Saint-Régis et de la rivière Saint-Pierre devait être publié le 1er août, mais le ministère de l’Environnement a retardé cette publication.

«On est déçu, on travaille là-dessus depuis 2019 et c’est un dossier qui ne se termine pas», s’est plaint Denis Martin, maire de la Ville de Deux-Montagnes et membre du comité exécutif de la CMM.

«Le gouvernement nous a donné, à la CMM, le mandat de préparer une cartographie, qui est prête depuis un bout de temps» et ces «nouvelles cartes avaient été prépubliées en 2024 et là, on devait officialiser le tout demain», a ajouté le maire de Deux-Montagnes dans une entrevue avec La Presse Canadienne.

Dans un échange de courriels dont La Presse Canadienne a pris connaissance, un employé du sous-ministériat adjoint à l’expertise et aux politiques de l’eau et de l’air du ministère de l’Environnement a écrit à la direction de la CMM que la publication des cartes était reportée pour des raisons «hors de notre contrôle».

Une nouvelle cartographie qui était prévue au printemps 2026

En 2024, le ministre de l’Environnement de l’époque, Benoit Charette,  expliquait qu’une nouvelle cartographie des zones inondables était nécessaire en raison, notamment, de l’ampleur des changements climatiques.

Au fur et à mesure qu’elles seraient approuvées par le ministère de l’Environnement, les cartes devaient être publiées sur le portail du gouvernement à partir de mars 2026.

Mais actuellement, ce sont encore les anciennes cartes, désuètes, qui sont sur le portail.

«Si vous allez sur le site du gouvernement du Québec, il y a des cartes, mais elles sont loin d’êtres précises» et ces cartes causent «des problèmes» aux municipalités, entre autres parce que les citoyens veulent savoir à quel niveau de risque d’inondation ils sont exposés, a expliqué le maire de Deux-Montagnes.

Une publication avant les élections?

«On avait l’espoir que ça se règle avant les élections pour que ce soit ce gouvernement-là qui poursuive le dossier, parce que s’il y a un nouveau gouvernement, il devra prendre du temps pour connaître le dossier et il y a un risque qu’il y ait encore plus de retard», s’est inquiété Denis Martin.

Traditionnellement, la cartographie des zones inondables présente des cotes de récurrence de «0-20 ans» et de «20-100 ans», alors que la nouvelle génération de cartes doit proposer une classification avec cinq catégories de risque: faible, modéré, élevé, très élevé et protégé à risque résiduel.  

Chaque risque est associé à une couleur.

La «zone protégée à risque résiduel» concerne les zones situées derrière des ouvrages de protection.