Les Chefs de la Nation Anishnabe font front commun pour le respect des droits ancestraux

Carolane Beauregard | 22 juin 2026 | 15:34
De gauche à droite : Rodrigue Turgeon ; Steeve Mathias ; Chantal Kistabish ; Lucien Wabanonik ; Lance Haymond ; Verna Polson. (Courtoisie)

La communauté de Lac-Simon a envoyé plus tôt dans la journée une lettre co-signée concernant sur les enjeux liés à l’attribution des claims miniers sur les territoires ancestraux des Premières Nations.

Lucien Wabanonik, Chef du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon à annoncer en fin de conférence de presse aujourd’hui que la lettre a été envoyée au gouvernement, notamment à la ministre Kateri Champagne-Jourdain.

« La communauté de Lac-Simon n’acceptera jamais le projet de mine à ciel ouvert », tonne Lucien Wabanonik.

La lettre vise à rappeler que les territoires ancestraux des Premières Nations ne sont ni vacants ni disponibles sans la participation de la communauté et que les gouvernements autochtones doivent occuper une place importante dans le processus décisionnel.

« Depuis trop longtemps, des claims miniers sont attribués sur nos territoires sans que les Premières Nations aient une place réelle dans les décisions qui les concernent. C’est cette approche qu’il faut changer. La prévisibilité que recherchent les investisseurs, les promoteurs et les gouvernements ne s’obtient pas en nous contournant, mais en travaillant avec nous, et ce, avant même l’attribution des claims miniers, dans le respect de nos droits, de nos gouvernements et du consentement préalable, libre et éclairé. Si le Québec souhaite réellement bâtir une relation de Nation à Nation, celle-ci doit commencer dès les premières étapes du développement », a déclaré le Chef du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon.

Parmi les Chefs qui ont pris la parole, plusieurs ont envoyé un message clair au prochain gouvernement : les droits ancestraux sont reconnus et protégés par la Constitution canadienne et que leurs gouvernements doivent être considérés comme des partenaires incontournables dans toutes les décisions pouvant avoir un impact sur leur territoire.

La mobilisation d’un front commun des Chefs Anishnabe s’est également mise en branle aujourd’hui. Elle s’inscrit dans la foulée des récents développements des projets miniers, notamment le projet Novador. La délivrance des autorisations de travaux à impacts fait actuellement l’objet d’une contestation judiciaire déposée par la Nation Anishnabe de Lac-Simon.

« Nous soutenons entièrement la Nation Anishnabe de Lac-Simon dans ses démarches, qu’elles soient juridiques — notamment en lien avec son opposition en justice au projet Novador de la société minière Fresnillo — ou politiques, dans l’optique que l’octroi des titres miniers respecte le droit au consentement des Premières Nations. Comme Québécoises et Québécois, il est important de garder en tête que c’est précisément ce free mining — le choix archaïque, mais délibéré et répété du gouvernement de faire toujours passer les intérêts des minières avant tout le reste — qui est la cause de l’incertitude dans le secteur minier, et non le respect des droits des peuples autochtones. Il est possible de changer le système pour respecter la nature et les droits des peuples autochtones sans empêcher toute activité minière, mais ça prend du courage pour se tenir devant les lobbys miniers, et force est de constater que ce gouvernement n’en a pas », a annoncé Rodrigue Turgeon, avocat, co-porte-parole de la coalition Québec meilleure mine et coresponsable du programme national de MiningWatch Canada.

Au cours des dernières années, la Première Nation Anishnabe de Lac-Simon a développé et adopté des outils de gouvernance ainsi que des mécanismes encadrant la consultation et l’autorisation d’activités susceptibles d’avoir des impacts sur son territoire.