Le dénombrement montre une hausse de 20 % des itinérants au Québec entre 2022 et 2025

La Presse Canadienne | 10 avril 2026 | 09:24
Un homme passe à vélo devant un campement de tentes de sans-abri à Montréal, le mardi 10 décembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi

Les campements de personnes en situation d’itinérance et les décès tragiques de personnes dans la rue ont certainement attiré l’attention des élus et de la population, et le plus récent dénombrement montre effectivement une hausse importante de l’itinérance à travers le Québec de 2022 à 2025.

Le dernier dénombrement de personnes en situation d’itinérance visible au Québec montre une hausse de 20 % entre 2022 et 2025, avec des augmentations dans les 13 régions étudiées.

L’exercice réalisé le 15 avril 2025 a permis d’estimer à 12 077 le nombre de personnes en situation d’itinérance visible, une hausse de 1873 personnes par rapport au dénombrement 3 ans plus tôt.

Les premiers résultats ont été rendus publics, jeudi, par le ministère de la Santé et des Services sociaux, et un portrait plus complet doit être diffusé à l’automne concernant le profil des personnes en situation d’itinérance.

Montréal comptait 5036 personnes en situation d’itinérance en avril 2025, soit 230 itinérants par 100 000 habitants, et une augmentation de 6,7 % par rapport au dénombrement de 2022.

Appelée à réagir au rapport sur l’itinérance, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a noté qu’elle ressentait cette tendance à la hausse «sur le terrain depuis longtemps», elle qui a été députée fédérale de Hochelaga.

«Honnêtement, je dois vous dire que je ne suis pas surprise. (…) Je le savais pertinemment qu’il y avait un enjeu lié à l’itinérance, qu’il y avait un enjeu lié au nombre, qui est grandissant», a commenté Mme Martinez Ferrada, qui se trouvait, jeudi, à Montréal, au congrès national du Parti libéral du Canada, au sein duquel elle a été ministre.

«On a mis quand même beaucoup d’argent. Tous les paliers de gouvernement ont mis plus d’argent, et on ne voit pas que ça change. Il faut qu’on s’assoie ensemble, il faut qu’on ait des conservations réelles de coordination de nos efforts pour avoir vraiment (un impact), et ça va passer par le logement, par le logement de transition», a-t-elle fait valoir.

«Donc il doit y avoir une approche d’un « toit d’abord », puis voyons comment on les accompagne après, mais il est évident que c’est ce filet social que l’on doit collectivement se donner», a-t-elle ajouté.

Elle a souligné que la complexité de l’enjeu fait qu’il n’y a pas qu’une seule solution. «Bien sûr poser la question « Qu’est-ce qu’on fait? ». Mais on doit faire plus, davantage, puis diversifier aussi les solutions, parce que c’est pas juste une seule solution qui va faire qu’on va adresser la question.»

Le secteur de Québec comptait 1084 personnes en situation d’itinérance, soit 132 personnes par 100 000 habitants, et une hausse de 20 % par rapport à 2022.

Le ministère a souligné que l’itinérance «s’étend au-delà des grandes villes», notant que cinq régions ont connu une hausse de plus de 50 %: l’Abitibi-Témiscamingue, les Laurentides, la Côte-Nord, Laval et le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Selon les constats à l’échelle de la province, près de 80 % des personnes dénombrées ont passé la nuit dans une ressource temporaire et 16 % dans un lieu extérieur, en campement ou non.

Entre 2022 et 2025, l’itinérance dans les lieux extérieurs a augmenté de 14 % en moyenne chaque année, selon le communiqué du ministère.

Il s’agit du troisième exercice national, le premier ayant été réalisé en 2018.

La comparaison des dénombrements de 2022 et de 2025 a été restreinte aux 13 régions sociosanitaires ayant participé aux deux exercices. 

Alors que 11 régions participaient à l’exercice en 2018, elles étaient 13 en 2022, pour atteindre 15 régions dans le cadre du dénombrement de 2025.