Milliard présente son approche économique pour le Québec en quatre engagements

La Presse Canadienne | 29 juillet 2026 | 12:30
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, s’exprime dans un rassemblement à Sherbrooke, le 5 juin 2026. Il a présenté mercredi son approche pour renforcer l'influence du Québec au Canada. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes

À un mois du déclenchement officiel de la campagne électorale, le chef libéral Charles Milliard a présenté en «quatre engagements clairs» son approche «ferme et pragmatique» pour renforcer l’influence du Québec au Canada, développer de nouvelles alliances commerciales et aider la province à faire face aux transformations de l’économie nord-américaine. 

«L’économie du Québec dépend largement de sa relation avec les États-Unis et le reste du Canada, et on a un leadership au gouvernement du Québec en ce moment qui ne va pas chercher tous les bénéfices de ça. Moi, j’ai ça dans les tripes de développer davantage l’économie du Québec dans le contexte géopolitique actuel», a-t-il déclaré mercredi en conférence de presse devant le consulat général des États-Unis à Québec.   

S’il prend le pouvoir le 5 octobre, M. Milliard promet de «créer des alliances en resserrant les liens» avec les autres provinces, les territoires et le gouvernement fédéral, afin de «partir à la conquête de nouveaux marchés ensemble» en participant à des missions commerciales à l’étranger.

Il estime que le marché canadien est sous-exploité par le Québec. Selon lui, c’est parce que «la CAQ ne s’intéresse pas au Canada», alors que le contexte géopolitique exige pourtant que les provinces et les territoires coopèrent plus que jamais. Il réclame «un libre marché complètement décomplexé».

Le chef libéral juge que le Québec joue actuellement «un rôle de figurant» et que d’autres provinces, dont celles de l’ouest du pays, ont «des dynamiques qui sont beaucoup plus inspirantes pour la population». 

Il souhaite que le Québec collabore davantage avec l’Ontario, notamment. «C’est notre voisin naturel, alors rétablir cette alliance est une priorité. L’Ouest a son alliance, les Maritimes aussi, et le Québec et l’Ontario doivent faire une alliance comme c’était le cas avant la CAQ», a-t-il affirmé.

Plus largement, M. Milliard veut «reconstruire un réseau d’influence partout au Canada» en prenant «une position québécoise commune» qui inclurait la société civile ainsi que les milieux municipaux, syndicaux, associatifs et économiques.   

«Ils doivent être mandatés par le gouvernement du Québec pour qu’on travaille tous ensemble. Je veux que tous ces gens-là se parlent et qu’ils se sentent impliqués dans le projet», a-t-il indiqué.

Le plan libéral «rate la cible»

La première ministre Christine Fréchette a répliqué aux engagements de M. Milliard en écrivant sur le réseau social X que le plan libéral «rate la cible en s’éloignant de ce principe fondamental autonomiste». 

«Le Québec doit se doter d’une diplomatie plus affirmée et plus influente, avec des canaux de communication directs, sans intermédiaire. L’approche timide et fédéraliste de M. Milliard privilégie plutôt une diplomatie québécoise arrimée à celle du Canada, limitant ainsi la capacité du Québec à défendre pleinement ses propres intérêts. (…) La nation québécoise est unique au monde, et son approche doit l’être tout autant», a-t-elle soutenu, ajoutant que «le Québec doit faire entendre sa voix, celle de ses citoyens et de ses entreprises partout où il est présent, sans jamais se plier ni s’effacer».

Mme Fréchette a tenu à rappeler que son gouvernement «a posé des gestes concrets pour faire avancer cette vision et diversifier nos marchés». 

Elle a donné à titre d’exemples sa présence à Washington et à Paris «afin de porter directement la voix du Québec auprès de nos partenaires internationaux», ainsi que la nomination de Louise Blais comme émissaire du Québec dans le cadre de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.      

Le Parti québécois trouve également que le plan libéral est trop fédéraliste. 

«L’approche de Charles Milliard est principalement tournée vers le Canada. Elle se résume essentiellement à créer des alliances au Canada et à reconstruire un réseau d’influence au Canada. On a pourtant vu depuis le début du conflit commercial déclenché par l’administration Trump à quel point les intérêts des autres provinces, notamment l’Ontario et l’Alberta, divergent des intérêts du Québec», a réagi le député Pascal Paradis sur X.

«La faiblesse du gouvernement libéral de Mark Carney et du gouvernement Legault-Fréchette a fait en sorte que le Québec est particulièrement affecté par les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump, par exemple sur l’aluminium. On ne peut donc se permettre la stratégie encore plus faible et soumise au fédéral que propose aujourd’hui Charles Milliard», a-t-il ajouté.