Hausse du navettage en Abitibi-Témiscamingue

Carolane Beauregard | 17 juin 2026 | 16:54
La rareté des logements en Abitibi-Témiscamingue contribue à la progression du navettage. (Photo : Unsplash)

En 2025, le nombre de navetteurs dans la région était en hausse de 30 % dans la région comparativement à 2021, selon l’Étude sur les impacts du navettage en Abitibi-Témiscamingue, en Côte-Nord et au Nord-du-Québec réalisé par le Groupe DDM.

Le navettage (fly in/fly out) est bien implanté dans les secteurs tels que les mines, de la construction, ainsi que certains services essentiels comme la santé. Plusieurs employeurs utilisent cette mesure afin de contrer la rareté de main-d’œuvre spécialisée dans la région.

Certains employeurs considèrent le fly in fly out comme une nécessité afin de maintenir les opérations et de combler la main-d’œuvre. Bien que ceux-ci priorisent l’embauche locale, la concurrence des grandes minières a été identifiée comme un facteur important, puisque les conditions offertes rendent plus difficile la rétention des travailleurs locaux dans d’autres secteurs d’activités.

Malgré les mesures mises en place pour la rétention et l’accommodement des employés, les entreprises de la région reconnaissent que le navettage demeurera nécessaire au cours des prochaines années pour répondre aux besoins de main-d’œuvre spécialisée et soutenir les activités économiques régionales.

L’étude indique que les représentants municipaux reconnaissent que le navettage génère certaines retombées positives pour les commerces de proximité, les restaurants, les épiceries, les stations-service ou encore les aéroports régionaux. Insistant toutefois sur la nécessité d’adopter des mesures plus structurantes afin de réduire la dépendance au navettage.

La moitié des entreprises de l’Abitibi-Témiscamingue sont prêtes à soutenir un partenariat pour des logements abordables. (Données : Étude sur les impacts du navettage en Abitibi-Témiscamingue, en Côte-Nord et au Nord-du-Québec | Tableau : Arsenal Media)

Près de la moitié (53 %) des navetteurs travaillant en Abitibi-Témiscamingue ne présentent aucun intérêt à s’établir dans la région alors que 37 % auraient un intérêt sous certaines conditions, entre autres un accès facile à la propriété. Près de 10 % des répondants présentent un intérêt à s’établir dans la région, et ce, sans conditions.

L’Étude sur les impacts du navettage en Abitibi-Témiscamingue, en Côte-Nord et au Nord-du-Québec en conclut que la perte de capitaux, la pression sur le marché locatif et les infrastructures municipales ainsi que la diminution de la cohésion sociale montrent que la région devra miser sur une meilleure offre résidentielle, un soutien accru aux municipalités et des stratégies favorisant l’établissement durable des travailleurs