Fonderie Horne: les émissions d’arsenic ont augmenté en 2025
La fonderie Horne, propriété de Glencore, est photographiée à Rouyn-Noranda, le 29 octobre 2022. LA PRESSE CANADIENNE/Stéphane Blais La Fonderie Horne à Rouyn-Noranda a augmenté ses émissions d’arsenic dans la dernière année, selon le bilan effectué par l’entreprise qui appartient à la multinationale Glencore.
La concentration d’arsenic rejeté dans l’air en 2025 par la fonderie a atteint une moyenne de 40,9 nanogrammes (ng) par mètre cube (m3), selon les données enregistrées à la station légale Horne et publiées par l’entreprise mardi.
Le bilan de l’année dernière faisait état d’une moyenne de 39,1 ng/m3; il s’agit donc d’une augmentation de 4,6 %.
«Il est normal et attendu que les résultats puissent varier légèrement d’une année à l’autre en raison de plusieurs facteurs, dont des conditions météorologiques différentes, comme les vents. Malgré des conditions météorologiques difficiles, nous avons maintenu les concentrations sous les cibles fixées par l’autorisation ministérielle», peut-on lire dans un communiqué de l’entreprise.
Plus de 13 fois la norme provinciale
Une moyenne de 40,9 ng/m3 signifie donc que les émissions de la fonderie sont 13,6 fois plus élevées que la norme provinciale.
La norme annuelle fixée par le Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère est en effet de 3 nanogrammes (ng) par mètre cube (m3) pour l’arsenic.
Mais au fil des ans, la fonderie a bénéficié d’ententes particulières avec le gouvernement.
Dans la plus récente autorisation ministérielle accordée par Québec en 2023, la fonderie devait atteindre une cible de 45 ng/m3 en 2024 et de 15 ng/m3 d’arsenic à partir de la fin de 2027.
Mais il y a quelques semaines, un amendement à un projet de loi a conduit à accorder de nouveaux sursis pour atteindre des cibles de réduction des émissions d’arsenic, mais aussi de plomb, de cadmium et d’autres métaux.
L’autorisation ministérielle actuelle, accordée de 2023 à 2028, serait donc repoussée jusqu’en 2033, malgré les mises en garde de la Direction régionale de la santé publique, qui avait indiqué, en mars dernier, que le gouvernement sous-estime «le risque sanitaire réel dans un contexte environnemental unique au Québec».
Pas plus tard que la semaine dernière, l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) appuyait les 118 médecins de l’Abitibi-Témiscamingue, qui demandent à la nouvelle première ministre du Québec Christine Fréchette de renoncer aux concessions accordées à la Fonderie Horne.
Plusieurs fois au-dessus des normes sanitaires
La fonderie devait non seulement atteindre une cible de 45 ng/m3 en 2024 et respecter un objectif de 15 ng/m3 à partir de 2027, mais elle devait également présenter un plan d’action visant à atteindre la norme québécoise.
En juillet dernier, le directeur général pour la filière cuivre en Amérique du Nord de Glencore, Vincent Plante, avait indiqué que l’entreprise jugeait cette norme de 3 ng/m3 «techniquement impossible» à atteindre.
Les émissions d’arsenic de la Fonderie Horne sont associées à un risque estimé accru de cancer.
À l’été 2022, un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) révélait que, sur une période de 70 ans, un nombre excédant de citoyens de Rouyn-Noranda, entre 1 et 14, développeraient un cancer si l’entreprise Glencore ne diminuait pas la concentration d’arsenic dans l’air produit par la fonderie.