Les entreprises québécoises ont moins de projets d’innovation

La Presse Canadienne | 28 mars 2026 | 15:27
Un peu plus de la moitié des entreprises québécoises, soit 55 %, ont entrepris un projet d’innovation. Un étudiant en génie test un logiciel d’apprentissage médical à l'École de technologie supérieure (ÉTS) le vendredi 4 avril 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes.

Les entreprises québécoises sont moins nombreuses à avoir innové à un moment où les tensions commerciales et l’incertitude économique accaparent leur attention.

Un peu plus de la moitié des entreprises québécoises, soit 55 %, ont entrepris un projet d’innovation, selon la Grande Enquête sur l’innovation en entreprise, dévoilée vendredi par le Conseil de l’innovation du Québec.

C’est une baisse marquée par rapport aux 69 % du dernier coup de sonde en 2024. 

Les entreprises québécoises arrivent ainsi derrière l’Ontario (57 %), la Colombie-Britannique (64 %) et l’Alberta (59 %). 

L’innovation resterait payante si on se fie aux propres prévisions des entrepreneurs. Un peu moins du quart (23 %) des entreprises québécoises non innovantes anticipent qu’elles généreront une croissance supérieure à 5 %. Cette proportion monte à 45 % pour les innovantes. 

Les entreprises québécoises innovantes sont également moins optimistes quant aux retombées de leurs innovations que dans les autres provinces. Elles sont 1,2 fois plus nombreuses à prévoir des gains de productivité. Cette proportion est de 1,8 fois en Ontario.

Le rapport démontre aussi que près de la moitié des entreprises qui n’ont aucun projet d’innovation ne ressentent pas le besoin d’innover.

Ce désintérêt préoccupe l’innovateur en chef du Québec, Luc Sirois. «Ce constat alarmant témoigne d’un véritable défi de culture de l’innovation, dont les effets se font déjà sentir et risquent de s’accentuer dans les années à venir, alors que d’autres juridictions accélèrent», réagit-il dans un communiqué. 

L’accès au capital privé est également plus difficile pour les entreprises innovantes. Seules 30 % d’entre elles y ont recours, comparativement à 55 % en Ontario, 44 % en Alberta et 51 % en Colombie-Britannique.

Le sondage en ligne a été mené en novembre et décembre auprès de 1550 répondants, dont 750 établis au Québec. 

Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien précise qu’une marge d’erreur ne peut être attribuée aux sondages en ligne, car ils ne procèdent pas à un échantillonnage aléatoire de la population.