Six ans après la Commission Viens | rien dans le Budget pour améliorer les relations entre Autochtones et services publiques

Jean St-Pierre | 19 mars 2026 | 00:11
Le ministre des Finances Éric Girard et la ministre issue des Premières Nations Kateri Champagne-Jourdain (Photo Archive, Macotenord.com)

Le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec constate après le dépôt du Budget du Québec hier que le financement n’est pas à la hauteur des engagements du gouvernement 6 ans après la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (commission Viens).

Instaurée en 2016, la Commission Viens a fait plusieurs recommandations dans son rapport final en 2019, après avoir écouté les Innus de la Côte-Nord. Les besoins documentés dans plusieurs secteurs demeurent pressants et nécessitent des engagements significatifs immédiats, selon le regroupement.

Alors que la demande pour les services offerts par les Centres d’amitié autochtones en milieu urbain comme ceux de Sept-Îles, Val-d’Or et Montréal, continue de croître, l’absence de mesures structurantes limite la capacité de répondre pleinement aux réalités du nombre grandissant des Premières Nations

Pour le RCAAQ, il est essentiel que la sobriété budgétaire ne se traduise pas par des services à rabais pour les populations autochtones en milieu urbain. Un budget qui ne tient pas compte de ces réalités risque d’accentuer les écarts socioéconomiques entre les populations autochtones et la société québécoise.

Malgré des solutions éprouvées, les Centres d’amitié autochtones demeurent limités dans leur capacité à déployer pleinement leur mission. Les niveaux actuels de financement demeurent insuffisants pour répondre adéquatement aux recommandations de la commission Viens.

« Malgré la collaboration constructive établie au fil des années, la croissance rapide des besoins dans des secteurs essentiels exige un financement en adéquation avec les besoins. Sans investissements stables et adaptés à la réalité urbaine, il devient impossible d’assurer la qualité et l’expansion des services offerts aux Premières Nations en ville. Les populations autochtones en milieu urbain doivent être pleinement prises en considération dans les priorités gouvernementales » déclare la directrice générale du Regroupement native de la Côte-Nord Tanya Sirois.